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Monnaies et devises étrangères

Définition d’une devise

Une devise en terme d’économie est un moyen de paiement libellé en monnaie étrangère. Par exemple, la monnaie nationale de la Grande-Bretagne, la livre sterling, est considérée comme une devise en France, de même qu’un dépôt en livre sterling auprès d’une banque anglaise fait partie des réserves en devises de la France. Le terme « change » désigne quant à lui les opérations qui aboutissent à la conversion de la monnaie d’un pays en une autre monnaie ou le transfert d’argent et de crédits au niveau international.

Convertibilité des monnaies

Le développement du commerce, des voyages ou de l’implantation d’entreprises hors du territoire national sont autant de facteurs qui ont rendu la convertibilité des monnaies indispensable au règlement des biens et services achetés à l’étranger. Les différents pays du monde n’utilisent en effet pas la même unité monétaire et acceptent uniquement leur monnaie nationale comme moyen de paiement. La pratique du change permet d’éviter ces difficultés mais ce n’est pas sans inconvénients. Le premier est lié au transfert des valeurs monétaires d’un pays à l’autre et le second à la détermination du taux de change, c’est-à-dire la quantité de monnaie nationale nécessaire pour obtenir une unité monétaire d’un autre pays. Ces deux opérations ont un coût qui renchérit celui des transactions. Ce surcoût a incité les pays de l’Union européenne (UE) appartenant à l’Union Monétaire Européenne (UEM) à adopter une monnaie unique, l’euro. Son utilisation par les pays adhérents rend inutiles les opérations de change entre eux, ce qui permet une baisse du coût des transactions entre ces mêmes pays.

Cours des devises et équilibre de la balance commerciale

Les devises s’échangent sur le marché des changes. Le cours d’une devise, c’est-à-dire le prix d’une monnaie exprimée à partir d’une autre varie en fonction du pouvoir d’achat des deux monnaies considérées et de l’offre et de la demande comme n’importe quel prix, il est relatif aux indices financiers. Quand l’offre est égale à la demande, le marché des changes est en équilibre pour la monnaie considérée. Cette situation correspond à l’équilibre de la balance commerciale qui retrace les importations et les exportations d’un pays. En effet, si un pays, par exemple l’Allemagne, achète à l’étranger autant qu’elle lui vend, la quantité de devises dont elle a besoin pour régler ses achats correspond à celle qu’elle reçoit de l’étranger : l’offre sera alors égale à la demande. Si en revanche la balance commerciale est déficitaire, c’est-à-dire que les importations sont plus importantes que les exportations, l’Allemagne devra vendre de sa monnaie pour obtenir des devises et pouvoir régler ses achats.

Le gouvernement d’un pays dont la balance commerciale est tout le temps déficitaire peut laisser la monnaie se déprécier ou au contraire exercer un contrôle sur les changes. L’objectif de celui-ci est de contenir la demande et d’augmenter l’offre de devises étrangères pour assurer la stabilité du taux de change et revient à limiter l’utilisation de devises étrangères au paiement d’importations soumises à autorisation du gouvernement. Les devises étrangères sont alors obtenues par l’intermédiaire de la banque centrale. Les pays en développement dont les réserves en devises et en or sont limitées et qui n’obtiennent des crédits internationaux qu’avec difficulté ont souvent recours au contrôle des changes.

Politique et stratégie de variation de la monnaie

Pour les pays qui possèdent des réserves en devises suffisantes, deux attitudes sont possibles : laisser flotter leur monnaie, voire la dévaluer ou réévaluer au gré des besoins de l’économie, ou en fixer la parité et s’engager à la maintenir. La crise économique de 1929, aggravée selon de nombreux économistes par les dévaluations compétitives opérées par certains pays pour relancer leurs exportations, a incité les pays à établir un système de taux de change fixes. C’est lors de la Conférence de Bretton Woods en 1944 que des accords internationaux instaurant des taux de changes fixes et une marge de fluctuation étroite soient signés. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) sont les garants du bon fonctionnement du système. Le FMI accorde des prêts aux États membres pour qu’ils puissent combler les déficits temporaires, tandis que la BIRD accorde des prêts à long terme en devises pour financer des projets spécifiques.

En 1973, le système défini à Bretton Woods s’effondra, et nombre de pays laissèrent flotter leur monnaie. Les grandes devises virent leur rôle de réserve d’unité de change remis en cause. Le dollar en particulier connaît depuis d’importantes fluctuations, obligeant les pays des Nations unies à se concerter pour en limiter les errances.

Quelques pays ont cependant manifesté leur volonté d’éviter les possibilités de fluctuation de leur monnaie, comme les pays de la Communauté européenne qui se sont regroupés au sein du Système monétaire européen (SME). Dans ce système, chaque gouvernement s’engageait à maintenir la monnaie de son pays à l’intérieur d’une marge de fluctuation de 2,25 p. 100 établie autour d’une parité centrale. Ce système a fonctionné d’une manière relativement satisfaisante jusqu’en 1992, date à laquelle les attaques des spéculateurs conduisirent la Grande-Bretagne et l’Italie à sortir du mécanisme de change et d’autres pays à élargir leurs marges de fluctuation à plus ou moins 15 %.